Vu à Offenburg : Inge Panter révèle l’intime / Inge Panter enthüllt das Innere

L’inscription laissée par le peintre au dessus de son reflet dans le miroir «Van Eyck fut ici» est peut-être le véritable sujet du «Portrait des époux Arnolfini». Dans cette oeuvre, au delà de la représentation d’un couple entouré de symboles matrimoniaux, l’artiste témoigne par l’intime de sa propre existence.

Der vom Maler über seine eigene Spiegelung geschriebene Satz «Johannes von Eyck war hier» ist vielleicht das eigentliche Thema des Gemäldes «Die Arnolfini Hochzeit». In diesem Kunstwerk geht der Künstler über die Darstellung des von Symbolen ihres Ehegelübdes umgebenen frisch vermählten Paars hinaus und gibt durch das Intime seine eigene Existenz zu erkennen.

Tout au long de son parcours d’artiste Inge Panter a développé une technique personnelle faite de couches successives de pigments bruts, de peinture acrylique et de peinture à l’huile. Intuitive dans ses choix chromatiques, il semble que ce qui a été vu et ce qui a été vécu remonte de son inconscient jusque sur la surface de la toile.

Im Laufe ihres künstlerischen Werdegangs hat Inge Panter eine persönliche Technik entwickelt, bestehend aus schichtweise übereinander aufgetragenen Pigmenten, Acryl- und Ölfarben. Intuitiv wählt sie die Farben. Die Inspiration scheint aus dem Unterbewusstsein zu kommen, aus Erlebtem und Gesehenem, welches sich wieder auf der Leinwand zeigen will.

L’oeuvre de Inge Panter est le résultat d’une exploration introspective. Libérée de toute volonté ornementale cette peinture est le fruit d’une radicalité esthétique et gestuelle. Chargés de matière et d’émotion, ses tableaux peuvent être vus comme une mise en abîme qui plonge le regardeur dans le monde de l’intime.

Das Werk von Inge Panter ist das Resultat einer selbstbeobachtenden Erkundung. Befreit von jeglichem Willen zum Ornament, ist diese Malerei das Ergebnis einer Radikalität sowohl der Ästhetik als auch der Gestik. Aufgeladen durch Material und Emotionen, können ihre Bilder wie eine Reflexion gesehen werden, die den Betrachter in die Welt des Intimen taucht.

Inge Panter superpose les couches de peinture transparente comme l’on accumule du temps. Constitué de glacis superposés, c’est un travail où surface et profondeur se confondent qui nous est donné à voir et d’où émanent des sensations riches, singulières et rares.

Inge Panter trägt transparente Farben in mehreren Lagen übereinander wie man Zeit schichtet. Aus diese Schichten entstanden, bewegt sich diese Arbeit sowohl an der Oberfläche als auch in der Tiefe, aus der reiche, einzigartige und seltene Gefühle entstehen.

Luc Demissy

Commissaire de la série d’expositions / Kurator der Ausstellungsreihe

UTOPIA

Vernissage de l’exposition Utopia au Lieu d’Europe avec Didier Guth et Inge Panter le dimanche 2 avril 2017 à 17h.

Vernissage der Ausstellung Utopia im Lieu d’Europe mit Didier Guth und Inge Panter am Sonntag, den 2. April um 17 Uhr.

Lieu d’Europe : 8 rue Boecklin à Strasbourg

Tram E Terminus/ Endhaltestelle : Robertsau Boecklin

http://www.atelier-panter.de

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Vu à Strasbourg : Didier Guth impose la forme / Didier Guth setzt die Form durch

Le « Laocoon » pris dans les circonvolutions des reptiles semble non pas se battre contre l’étouffement et une fin inéluctable mais contre le sentiment d’abandon que procure l’évidence de la nécessité ornementale. Malgré cela, entrer dans une oeuvre ne peut être facilité par des éléments de langage chromatique ou formel.

Der « Laocoon », gefangen in den Kreisen der Schlangen, scheint nicht gegen das Ersticken und ein unvermeidliches Ende zu kämpfen, aber gegen dieses Gefühl der Hingabe, welches uns die Evidenz der ornamentalen Notwendigkeit vorgibt. Ungeachtet dessen kann die Hingabe an ein Werk nicht durch eine chromatische und formale Sprache vereinfacht werden.

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Créer c’est avant tout faire preuve de générosité car faire oeuvre utile en art c’est d’abord donner à voir. Qu’y a-t-il à voir dans les peintures et sculptures de Didier Guth. De la couleur d’abord. Des couleurs choisies pour leur capacité à exister dans l’espace, mises en scène pour le ballet tendre et sensible d’un accord atypique.

Schöpferisch tätig sein, heisst in erster Linie freigiebig zu sein, da der Dienst an der Kunst in erster Instanz derjenige ist, etwas zu Sehen zu geben. Was ist in den Bildern und Skulpturen von Didier Guth zu sehen. Zuerst einmal Farben. Farben, gewählt um ihrer Fähigkeit sich im Raum zu behaupten, inszeniert für das zärtliche und sensible Ballet eines atypischen Einvernehmens. 

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Didier Guth impose la forme dans une apparente simplicité. Il la montre nécessaire dans sa certitude formelle. Ce que l’on voit, ce ne sont pas d’élégantes taches colorées et juxtaposées dans une mise en scène destinée à séduire le regardeur. Non, l’élégance se trouve ailleurs, dans cette démonstration réfléchie sur l’immanence dans l’art que nous donne à voir l’artiste.

Didier Guth legt die Form in einer scheinbaren Einfachheit an. Er zeigt sie als notwendig in ihrer formalen Bestimmtheit. Was wir sehen sind keine elegant nebeneinanderliegenden Farbflecken in einer Inszenierung, die zur Verführung des Betrachters bestimmt ist. Nein, die Eleganz liegt irgendwo anders, in dieser durchdachten und anschaulichen Darlegung über die Immanenz in der Kunst, die uns der Künstler zu sehen gibt.

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L’oeuvre de Didier Guth est un ensemble cohérent, résultat d’un constat qui ne souffre aucun contradicteur, à part peut-être lui-même, et que lui seul semble maîtriser. Aucune pièce qui ne se rajouterait pas de façon claire et évidente à une autre sur cet échiquier aux mille combinaisons. Le jeu de l’art face à la matérialité du monde a trouvé avec cet artiste un terrain fertile.

Das Werk von Didier Guth ist eine folgerichtige Zusammenstellung, Ergebnis einer Feststellung, die keinen Widersacher duldet, ausser vielleicht ihn selbst, und welche er alleine zu beherrschen scheint. Kein Gefüge auf diesem Schachbrett mit tausenden Möglichkeiten welches sich nicht klar und augenfällig zu einem Anderen fügen würde. Das Spiel der Kunst gegenüber der Materialität der Welt hat bei diesem Künstler einen fruchtbaren Boden gefunden.

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Vers où cheminent les pèlerins de Didier Guth. Où se trouvent les champs de marguerites qu’ils traversent. C’est en regardant les oeuvres avec patience que nous trouvons la réponse. Elles s’affirment souverainement et nous sollicitent pour nous obliger à voir dans l’art autre chose qu’un simple agrément domestique.

Wohin pilgern die Figuren von Didier Guth. Wo befinden sich die Felder von Margeriten, die sie durchwandern. Wenn wir mit Geduld die Werke betrachten, werden wir die Antwort finden. Sie behaupten sich souverän und ersuchen uns, in der Kunst etwas anderes zu sehen als nur eine simple häusliche Annehmlichkeit.

Luc Demissy

Commissaire de la série d’expositions / Kurator der Ausstellungsreihe UTOPIA

Vernissage de l’exposition Utopia au Lieu d’Europe avec Didier Guth et Inge Panter le dimanche 2 avril 2017 à 17h.

Vernissage der Ausstellung Utopia im Lieu d’Europe mit Didier Guth und Inge Panter am Sonntag, den 2. April um 17 Uhr.

Lieu d’Europe : 8 rue Boecklin à Strasbourg

Tram E terminus / Endhaltestelle: Robertsau Boecklin

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Vu à Berlin : Diana Sprenger

l’incorporalité rend l’oeuvre intemporelle

Das Zeitlose im Unkörperlichen 

1Ohne Titel, 2015-2, Öl auf Leinwand, Diptychon, 200 x 320 cm

Sans titre,2015-2, huile sur toile, diptyque, 200 x 320 cm

Ohne Titel, 2015-2, Öl auf Leinwand, Diptychon, 200 x 320  cm

L’apparence est un cosmos qui nous semble réel mais qui n’est qu’un écho du monde.  Ce monde est ici et maintenant, mais il échappe à nos sens. Nous n’en percevons qu’un vague reflet. C’est cet écho qui nous apparaît dans la peinture de Diana Sprenger.

Un fleuve de volonté traverse ses tableaux et fraye son chemin dans la dureté de cette apparence qui s’adoucit sous son pinceau et devient presque confortable.

Der Schein ist ein Kosmos, der der Realität ähnelt, aber doch nur ein Echo der Welt ist. Diese Welt scheint dem Hier und Jetzt anzugehören und doch entzieht sie sich unseren Sinnen. Wir erfassen von ihr nur ein vages Spiegelbild. Es ist dieses Echo, das in der Malerei von Diana Sprenger anklingt.

Ein Fluss des Willens durchquert ihre Bilder und bahnt sich seinen Weg in der Vehemenz dieses Scheins. Die Malerin ist wie getrieben, doch unter ihrem Pinsel besänftigt sich das Erscheinungsbild. Es wird geradezu weich.

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Sans titre,2012-11, acrylique et huile sur toile, 180 x 180 cm

Ohne Titel, 2012-11, Acryl und Öl auf Leinwand, 180 x 180  cm

La lumière est omniprésente dans ses tableaux et vient de partout à la fois. Elle se forge un passage étroit pour venir mordre un monde minéral qu’elle anime ainsi de mille certitudes. Ce sont les certitudes de la couleur, car c’est cela le véritable propos de la peinture de Diana Sprenger. De par cette apparente absence de couleur elle en affirme d’autant plus sa présence.

Das Licht ist allgegenwärtig in ihren Bildern. Es kommt gleichzeitig und von überall. So bahnt es sich seinen Weg mit dem klaren Ziel, eine versteinerte Welt zu beleben. Im vom Bild ausgehenden Licht nehmen wir die Farbe erst als solche wahr. Und darin besteht das eigentliche Thema der Malerei von Diana Sprenger. In der zurückgenommenen, staubigen Farbigkeit behauptet sich ein Grau als Farbe und entfaltet seine Strahlkraft. 

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Into place,2014-14, acrylique et huile sur toile, diptyque, 190 x 200 cm

Into place, 2014-14, Acryl und Öl auf Leinwand, 190 x 200  cm

Sa peinture résonne de couleurs pour qui veut bien écouter. La subtilité des nuances chromatiques n’est pas visible au premier coup d’oeil. Elle demande un effort de la part de celui qui regarde. Elle exclut toute paresse, et pourtant nous enveloppe, nous envoûte et nous induit à la nonchalance et à l’abandon. Cette contradiction est l’une des forces des travaux de Diana Sprenger. 

Ihre Malerei tönt vor Farben für den, der hören will. Die Farbnuancen erscheinen nicht auf den ersten Blick. Das Bild verlangt dem Betrachter einiges ab. Ein oberflächlicher Blick ist ausgeschlossen. Wir müssen uns einlassen, um einzutauchen. So zieht uns das Bild in seinen Bann. Wir nehmen Abstand von unserem Tempo und werden zur Langsamkeit verführt. In dieser Entschleunigung liegt eine der Stärken der Arbeiten Diana Sprengers.

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Sans titre,2015-19, huile, fusain et pastel à l’huile sur toile, 55 x 45 cm

Ohne Titel, 2015-19, Öl, Kohle und Ölpastellkreide auf  Leinwand, 55 x 45 cm

Quelle est cette personne qui se cache derrière les portraits peints par Diana Sprenger? D’où vient-elle? Peu importe en fin de compte, ce n’est pour nous qu’une personne parmi tant d’autres. Et donc, par cet anonymat, elle incarne le monde. Un monde. Celui de l’artiste.

Pourtant, ce modèle ne serait que prétexte à peindre si, tellement, il n’affirmait sa présence. La question reste donc sans réponse…

Wer verbirgt sich hinter den Porträts von Diana Sprenger? Woher kommt diese Person? Letztendlich spielt es keine Rolle. Sie ist für uns nur eine Person von vielen. Und durch diese Anonymität verkörpert die erscheinende Person die Welt. Eine Welt. Die Welt der Künstlerin. 

Und doch, wäre das Modell nur ein Anlass zum Malen, erhielte es nicht eine derartige Präsenz im Bild. Die Frage bleibt offen…

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Sans titre,2015-24, huile, encre et pastel à l’huile sur toile, 70 x 55 cm

Ohne Titel, 2015-24, Öl, Tinte und Ölpastellkreide auf Leinwand, 70 x 55 cm

Le portrait se fond dans le tableau et se confond avec lui. La question de l’identité du modèle ne se pose plus. Ce qui conquière la préséance dans la peinture de Diana Sprenger c’est la volonté d’échapper à la matière pour aller créer une oeuvre intemporelle.

Das Porträt verschmilzt mit dem Malgrund. Es tritt aus ihm hervor und hinter ihm zurück. Die Frage der Identität des Modells stellt sich nicht mehr. Was uns aus der Malerei Diana Sprengers entgegen tritt, ist das Verlangen, der Materie zu entkommen und so ein zeitloses Werk zu schaffen.

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Sans titre,2013-18, huile, encre et pastel à l’huile sur toile, 70 x 55 cm

Ohne Titel, 2013-18, Öl, Tinte und Ölpastellkreide auf Leinwand, 70 x 55 cm

Pour en savoir plus sur l’oeuvre de Diana Sprenger :

Mehr über das Werk von Diana Sprenger finden sie unter:

www.dianasprenger.com

Luc Demissy

Vu en Allemagne: Wolfang EBERT

EIN MALER AUS BERLIN IN OFFENBURG

UN PEINTRE DE BERLIN À OFFENBOURG

1 Angezogen

Angezogen, 2013, Tusche und Rohrfeder auf Papier, 24 cm x 18 cm

Die Sprache des Bildes als eine im Machen erfahrene und entwickelte Sprache des Materials

La peinture, un langage acquis qui s’enrichit en travaillant la matière
2 Fest vertäuen II
Fest vertäuen, 2012, Tusche, Acryl und Collage auf Papier, 50 cm x 40 cm
Der folgende Text ist der Auszug einer Rede, die Wolfgang Ebert anlässlich einer Ausstellung von Quinz’Art gehalten hat. Indem er selbst über das Entstehen seiner Bilder spricht, ermöglicht Ebert uns einen authentischen und persönlichen Zugang zu seiner Kunst. Diese jedoch zu erklären oder gar autobiografisch zu deuten, ist nicht sein Ziel. Vielmehr lädt uns der Künstler dazu ein, dem konzentrierten, ruhigen Verlauf seiner malerischen Geste zu folgen und so das dabei Gesehene und dabei Empfundene als ein Spiegelbild unseres Inneren zu erfahren.

Le texte suivant est extrait d’un discours que Wolfgang Ebert a tenu à l’occasion d’un vernissage de Quinz’art. C’est en parlant lui-même de sa peinture que l’artiste nous propose de façon personnelle et authentique une approche de son art. Par contre, il n’a pas l’intention d’expliquer sa peinture ou de l’interpréter sous un angle autobiographique. L’artiste nous invite avant tout à revivre le chemin qu’à parcouru la couleur. Ainsi nous suivons le geste concentré et calme du peintre. Et c’est en suivant le voyage qu’a fait la peinture pour devenir forme que des images et des associations émergent pour nous révéler ce qui est vivant en nous.

3 umschlungen III

Umschlungen, 2014, Acryl auf Papier, 50 cm x 40 cm

Ich erhebe nicht den Anspruch, das in meiner Muttersprache formulierte anschließend wörtlich zu übersetzen. Jede Sprache hat ihre eigenen Gesetzmäßigkeiten, ihre eigenen Bilder, ihren eigenen Charme. Wer Deutsch und Französisch versteht, hört also immer noch etwas Neues. Da ist immer noch etwas dazwischen. Hören wir auf die Zwischentöne! Erleben wir Sprache! Es gibt nicht nur die gesprochene und geschriebene Sprache. Es gibt auch die Sprache des Bildes, die Sprache der Malerei, die Sprache des Materials. Diese Sprache kann ich nicht verstehen, aber ich kann sie wahrnehmen, kurz: Ich kann sie erleben und empfinden, wenn ich bereit dafür bin.

Je ne cherche pas à traduire mot à mot ce que je vient d’exprimer dans ma langue maternelle. Chaque langue a ses propres règles, ses propres images, son propre charme. Celui qui comprend l’allemand et le français lira donc toujours de nouveaux aspects. Il y a des différences, c’est sûr. Donc, veillez bien aux nuances et profitez-en si vous les comprenez. Vivez pleinement la langue voire le langage. Il n’y a pas seulement la langue écrite et la langue parlée. Il y a aussi le langage du tableau, le langage de la peinture, bref, le langage de la matière travaillée. On ne peut pas comprendre ce langage mais on peut le saisir. Je peux ressentir ce langage si j’y suis prêt et ouvert.

4 Im grünen Grund III

Im grünen Grund, 2012, Acryl auf Papier, 100 cm x 70 cm

Ich möchte Ihnen also etwas über die Sprache der Farbe erzählen. Ich bin Maler. Wenn ich also über die Sprache der Farbe berichte, so aus der Sicht des Machenden. Im Formungsprozess erfährt der Maler die Sprache seines Materials, er findet seine ihm gemäße Sprache und er erfindet tagtäglich neu.

Je suis peintre. Alors, si je parle du langage de la peinture je prends la perspective non pas du spectateur mais celle du peintre. C’est en travaillant la peinture que le peintre apprend la langue de la matière. Il réinvente ainsi perpétuellement son propre langage.

6 sich öffnend OAO Ib

Sich öffnend, 2012, Acryl auf Papier, 100 cm x 70 cm

Die Figur aus dem Fluss der Farbe

La figure émerge de la fluidité de la couleur

Es geht mir offenbar wie Matisse, wenn er bekennt, das er mit der Figur sein quasi religiöses Lebensgefühl am besten ausdrücken könne. Auch in jenen Bildern, die in unzähligen Lasuren über Monate hinweg geschichtet wurden, finde ich schließlich wieder zurück zur traditionellen Relation zwischen Figur und Grund.

Apparemment, je me sens proche de Matisse quand il proclame pouvoir s’exprimer le mieux à travers la figure humaine. D’une manière où d’une autre, même dans les tableaux où j’ai du mal à me rappeler le nombre de couches de peinture que j’ai mises pendant des mois, je finis par retourner à la relation traditionnelle entre la figure et le fond.

5.1 Innenleiter 350 II

Innenleiter, 2013, Tusche auf Papier, 30 cm x 21 cm5.2 Weich geborgen

Weich geborgen, 2013, Tusche auf Papier, 30 cm x 21 cm

5.3 Innenlicht 350 III

Innenlicht, 2013, Tusche auf Papier, 30 cm x 21 cm

Ich fasse den Menschen nicht als etwas Festes, Vorbestimmtes und Gegebenes auf. So baue ich die Figur nicht aus fester Farbe auf. Ich forme die Farbe im Fluss. Ich lasse es fließen. Einiges kann ich hier steuern und mit Hilfe der gesammelten Erfahrung auch planen: Ein dunkler Tuschefleck bildet die Basis. Ein mit Wasser gefüllter Pinsel erweitert die Form zu einem lichteren Oberkörper, der im Kopf seinen Abschluss findet. Neben dem Geplanten kommt auch der Zufall ins Spiel. Im deutschen Wort steckt es drin: Mir fällt etwas zu. Ich nehme es wie ein Geschenk des Materials an. Die aus dem Fluss entwickelte Form erhält so ihre Frische und Lebendigkeit. Die mobile, flüssige Farbe sucht sich Weg und Halt im Bildgeviert. Der Mensch wird als ein Entstehender, als ein sich Suchender erfahrbar.

«L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait. (…) autrement dit, il n’y a pas de déterminisme. L’homme est libre. L’homme est liberté,» disait Jean-Paul Sartre. Comme lui, je ne pense pas qu’il y ait une sorte de prédétermination. Par conséquent, je ne dessine pas la forme avant de la peindre. La peinture n’est pas fixe et ferme. Elle est fluide. Je travaille avec cette fluidité. Jusqu’à un certain point, je peux maîtriser la matière fluide. Grâce à mon expérience, je peux prévoir la forme, la préparer: une tache foncée constitue la base de la figure. Avec un pinceau rempli d’eau je peux étaler l’encre pour former un torse plus clair et transparent, puis vient la tête qui l’achève. Mais à part ce que j’ai prévu, il y a toujours le hasard qui entre en jeu. Pour la peinture on parle des formes accidentelles. Je n’aime pas du tout le côté négatif de ce mot. Je préfère le mot allemand „Zufall“. Suite au hasard, il y a quelque chose qui tombe dans mes mains. C’est comme un cadeau et je peux en profiter: ein glücklicher Zufall. Grâce à ce hasard, la forme est fraîche et vivante. La couleur fluide cherche son chemin et finit par trouver sa forme et son appui en ce tenant droite, couchée ou assise dans le format.

7.1 Sitzend - im Rückfluss OAO Ib

Sitzend – im Rückfluß, 2013, Rohrfeder auf Papier, 30 cm x 21 cm

Hinzugefügtes Wasser ermöglicht es der Farbe, sich auszudehnen, zu atmen, Volumen zu entfalten und körperhaft zu werden. Der meist helle Bildgrund wird von der Form aufgenommen. Der Körper wird zu einer Hülle. Wie ein Gefäß schließt die Form helles Licht in sich ein.

En ajoutant de l’eau, la couleur peut s’étaler, respirer, atteindre du volume et former un corps. Le fond qui est clair pour la plupart du temps est intégré par cette forme. Le corps intègre et enveloppe le fond. Il devient une sorte de housse. Comme un récipient le corps enferme la lumière. Il est rempli de lumière.

Bandfigur sitzend, 2013, Rohrfeder auf Papier, 30 cm x 21 cm

Die Farbe umspült Kopf und Körper. Es gibt keine individuellen Gesichtszüge eines wieder erkennbaren Gegenübers. Vielmehr bietet die Figur uns an, wie in eine Hülle in sie hineinzuschlüpfen. Wir tauchen ein und können so den Verlauf der Farbe, also das Entstehen der Form nachempfinden. Wie beim Malen stellt sich auch beim Betrachten jene konzentrierte Ruhe ein. Für diese ist es wichtig, in der Formgebung einfach zu bleiben. Max Liebermann bringt den Abstraktionsprozess der Zeichnung auf den Punkt: „Zeichnen heißt weglassen.“

La couleur enveloppe la tête et le corps. Il n’y a pas de traits individuels d’une personne qu’on peut reconnaître. La figure nous propose plutôt de glisser dedans comme dans une housse. Nous plongeons dedans et ainsi nous revivons le voyage qu’a fait la couleur pour devenir forme. Comme en peignant le tableau, c’est aussi en le regardant qu’il faut prendre son temps. Nous devenons calme. Pour avoir cette concentration dans toute sa tranquillité il est indispensable de simplifier la forme. C’est ce processus d’abstraction du dessin que le peintre allemand Max Liebermann précise en disant: „Dessiner c’est renoncer aux détails.“

7.3 Mit weiter Brust 350 OAO II

Mit weiter Brust, 2013, Rohrfeder auf Papier, 30 cm x 21 cm

Das Weggelassene, das Offene der Form und des Raumes ist nicht mit Beliebigkeit gleichzusetzen. Der ungegenständliche Maler Ad Reinhard zeichnete dazu eine Karikatur. Empört fragt der Betrachter: „Was soll das denn darstellen? (Darin kann wohl jeder sehen, was er will.)“ Aus dem soeben verlachten, ungegenständlichen  Bild bohrt sich ein Arm. Der ausgestreckte Zeigefinger richtet sich auf den Museumsbesucher und die abstrakten Strukturen des Bildes formen sich zu einer erbosten Fratze, die den Betrachter anraunst: „Was stellst du den dar?!“

Le fait de renoncer à la représentation d’une forme détaillée et réaliste et de jouer avec la couleur et les formes ne veut pas dire que cette peinture est le résultat du hasard pur et simple. Profiter d’une certaine liberté dans sa peinture ne veut pas dire que chacun peut voir ce qu’il veut. En fin de compte, il s’agit d’une forme travaillée dans toute sa liberté. Donc, elle est digne d’être prise au sérieux. Pour répondre au regardeur qui face à un tableau non figuratif demande ce que cela représente le peintre abstrait Ad Reinhard a dessiné une jolie caricature. Au moment ou le visiteur de musée éclate de rire, un bras sort du tableau et le montre du doigt. Les traits d’abord abstraits se transforme en une grimasse agacée qui engueule l’homme en face du tableau: «Et toi? Qu’est-ce que tu représente?!»

8. Nebelreiterin VII

Im Nebel Aufsteigende,  2014, Acryl und Spachtelmasse auf Nessel, 100 cm x 130 cm

Meine Farben sind verhalten und zurückgenommen. Ich dränge mich nicht auf. Ich mache ihnen keinen Vorwurf. Aber wenn sie dazu neigen, mich aufgrund meiner Bilder zu be- oder gar zu verurteilen, frage ich sie: Was hat das darin von ihnen Gesehene und dabei Empfundene mit ihnen zu tun?

Je peins avec une palette réduite, mes couleurs sont retenues. Elles ne vous sautent pas aux yeux et moi non plus. Je ne vous reproche rien. Au fond, je ne vous connais pas. Mais si vous cherchez à juger mon caractère et ma personnalité à la base de ma peinture je vous demande tout simplement: Vos impressions et les sentiments que vous avez face à ma peinture qu’ont-ils à faire avec vous-même?

Wolfgang Ebert

Vu à Paris : Lumi MIZUTANI

LA FORCE EXPRESSIVE DE LA FRAGILITE

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Le pinceau de Lumi Mizutani danse tel un funambule sur son fil. Il tourne, virevolte, semble un moment comme suspendu au dessus du vide, puis laisse derrière lui sa trace noire sur le papier. Tendu, en équilibre, sa peinture évite savamment la chute en jouant de l’espace, du plein et du vide.

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Le papier est par essence un support fragile. Fragilité intrinsèque que Lumi Mizutani rend encore plus fragile en l’humidifiant. L’eau imprègne chaque fibre du papier et guide l’encre pour la conduire encore plus loin, au delà du geste maîtrisé de l’artiste. Elle mène la forme à son ultime souffle comme un fleuve africain qui se perd dans le désert. En un instant ce geste libre de la création se retrouve prisonnier du papier, fixé pour l’éternité. Et pourtant, paradoxalement, la forme que nous contemplons nous semble évanescente, comme si elle allait disparaître dans ce même instant. Il nous faut la saisir du regard, semble-t-il, avec la même célérité qu’elle fut créée avant qu’elle ne s’efface à tout jamais.

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Si l’eau est le conducteur et le flux vital de sa peinture, l’encre en est la trace visible. Aérienne, l’artiste joue des formes comme une acrobate qui se mouvrait en élégantes contorsions. Sa peinture échappe à la pesanteur. C’est une respiration qui incarne le souffle originel de la naissance qu’elle semble reproduire éternellement. Le travaille de Lumi Mizutani nous donne à voir une peinture intime où transparaît l’essence du vivant.

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La sensibilité émotionnelle de l’artiste Lumi Mizutani s’incarne dans le mouvement et la spontanéité. Elle nous convie à un voyage esthétique qui nous mène dans un monde qui se veut libre de toute inquiétude et nous plonge par le regard dans la quiétude du corps accompli.

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Le travail de Lumi Mizutani sera visible à l’occasion des ateliers ouverts de Belleville du Vendredi 29 mai au Lundi 1er juin 2015, de 14-20 h.

Adresse de l’atelier :

24, rue des Solitaires

75019 Paris

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Vu à Strasbourg : Vincent Malarte

L’INSTANT DE LA COULEUR
DER MOMENT DER FARBE
THE INSTANT OF COLOR

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La laque de garance nous fait entrer dans le récit. Au premier regard, face au tableau, sans aucune hésitation on se positionne immédiatement à la bonne place et à la bonne distance. Cela est dû tout d’abord au format. Comme pour une marine la peinture de Vincent Malarte se construit par rapport à la ligne de l’horizon. Cela donne de la stabilité à sa composition et l’ancre dans le réel. Cela rassure également le contemplateur, qui peut ainsi, sans crainte de déséquilibre désagréable, entrer dans l’oeuvre.

Der Krapplack führt uns in die Erzählung ein. Auf den ersten Blick begibt man sich ohne zu zögern sofort an den richtigen Platz und nimmt den passenden Abstand zum Bild ein. Dies liegt erst einmal am Format. Wie bei einem Seegemälde baut sich die Malerei von Vincent Malarte im Hinblick auf die Horizontlinie auf. Das macht seine Kompostion stabil und verankert sie in der Realität. Es beruhigt den Betrachter, der sich so dem Werk widmen kann ohne ein unbequemes Ungleichgewicht zu befürchten.

The madder introduces us to the story. At first glance, facing the picture, we position ourself at the right spot and distance. This is firstly due to the size. Like a seascape, Vincent Malarte’s painting is built in relation to the horizon line. It gives stability to his arrangement and anchors it into reality. It reassures the contemplator too, who can then enter the artwork without fearing an unpleasant unsteadiness.

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Le blanc accroche le regard. Vincent Malarte met dans son travail tout son savoir faire technique. La matière picturale, tantôt épaisse, tantôt fluide rythme la surface. Il multiplie à l’infini les possibilités que lui donne la matière. Les creux, bosses, rainures, grattages et rajouts sont des signes qui s’enchevêtrent pour former la trame d’une écriture à venir.

Das Weiss fängt den Blick auf. Vincent Malarte setzt in seiner Arbeit sein ganzes technisches Können ein. Die Oberfläche wird durch die Farbmasse, manchmal dick, manchmal dünnflüssig aufgetragen, rhythmisch gestaltet. Er vermehrt die Möglichkeiten der vorhanden Materie bis ins Unendliche. Die Vertiefungen, Anschwellungen, Rillen, Kratzspuren und Hinzufügungen sind die ineinander geflochtenen Zeichen einer Sprache im Aufbau.

The white catches the eye. Mr. Malarte puts in his work all of his technical expertise. The pictorial matter, now thick, now fluid, gives rhythm to the surface. He multiplies indefinitely the possibilities that matter gives. The hollows, bumps, grooves, scratchings, additions are signs that tangle up to form the thread of a writing to be.

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Le vert et le jaune nous donnent la tempérance. La palette de Vincent Malarte se veut constante, comme une grammaire immuable. Elle se décline pourtant à l’infini comme une prose sans cesse renouvelée. Aucun tableau n’est semblable à un autre. Chaque oeuvre est individuelle et marque de son originalité le moment de sa conception.

Das Grün und das Gelb geben uns Mäßigung. Die Palette von Vincent Malarte ist beständig wie eine unabänderliche Sprachlehre. Trotzdem ist sie unendlich deklinierbar und erneuert sich ständig. Kein Bild ähnelt dem anderen. Jedes Werk ist individuell und markiert durch seine Einzigartigkeit den Moment seiner Entstehung.

The green and yellow give us the temperance. The painter’s palette claims to be constant, like a unchanging grammar. Even, it is declined till infinity, like a prose continuously renewed. No painting is like the others. Each piece is unique and brand the moment of its design with its originality.

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le jaune clair est dans la fulgurance et nous donne ainsi la jouissance de l’immédiateté. Le choix chromatique de Vincent Malarte prend en compte le fait que la lumière qui émane de chaque couleur rayonne de façon inégale. De très prés ou éloigné de quelques mètres la perception en est donc différente. Le tableau se prolonge dans l’espace au delà de la surface plane et l’intensité vibratoire de la couleur s’impose à notre champ de vision.

Das Hellgelb bringt uns durch sein Leuchten zur sofortigen Freude. Die Wahl der Chromatik von Vincent Malarte berücksichtigt die unterschiedliche Lichtstrahlung der Farbe. Ihre Wahrnehmung vom Auge ist unterschiedlich je nachdem ob man ganz nah am Bild ist oder einige Meter davon entfernt. Das Gemälde dehnt sich im Raum über die Bildfläche hinaus und die vibrierende Intensität der Farbe setzt sich in unserem Blickfeld durch.

The light yellow is in dazzling speed and gives us the delight of immediacy. The chromatic choices of Vincent Malarte take into account that the light emanating from each color shines in an unequal way. The perception is then quite different depending on one standing close or far away. The painting continues in the space beyond the flat frame, and the vibratory intensity of the color impose on our field of vision.

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Le bleu outremer nous montre la profondeur de la déchirure. Il marque de son emprunte indéfectible un univers qui ne serait être que vaine harmonie. La peinture ne se limite pas à un exercice de style. Elle nous demande plus qu’un instant. L’oeuvre de Vincent Malarte est là pour l’attester. Elle pose la question du temps et de l’espace qui existent, imperceptibles, entre le regard et le monde sensible qui le touche. Si l’on s’attarde, elle nous dévoilera la fugacité de l’univers.

Das Ultramarinblau zeigt uns die Tiefe der Risswunde. Durch seine unvergänglichen Spuren prägt es einen Kosmos, der nichts wäre als vergebliche Harmonie. Malerei ist keine Stilübung. Sie verlangt mehr als nur einen Augenblick. Das Werk von Vincent Malarte ist da um dies zu bezeugen. Es stellt fast unmerkbar die Frage nach Zeit und Raum zwischen dem Blick und der sinnlichen Welt, die ihn berührt. Wenn wir verweilen, wird es uns die Flüchtigkeit des Universum enthüllen. 

The ultramarine shows us the depth of the wrench. It marks with its unfailing print a universe that would only be shallow harmony. The painting is not just an exercise in style. It asks for more than just a glance. Malarte’s artwork is there to vouch for it. It makes us wonder about time and space imperceptible existence between the look and the noticeable world touching it. If we linger, it will unveil the fleetingness of the universe.

Vu à Amsterdam : Anton Martineau

 

 

L’ESPAGNE ET LA GALERIE SINGEL100 À AMSTERDAM
SPANIEN UND DIE GALERIE SINGEL100 IN AMSTERDAM
ESPAÑA Y LA GALERÍA SINGEL 100 EN ÁMSTERDAM
SPAIN AND SINGEL100 IN AMSTERDAM

La pâte épaisse glisse sur la toile et laisse son emprunte visible. La main d’Anton Martineau est sure et ne laisse rien au hasard. Une à une les différentes teintes sont appliquées, vivaces, dans une gestuelle qui reste apparente. L’artiste laisse aussi la marque du dessin au fusain, gratte, dessine à nouveau, trace, peut-être avec le pousse, des lignes dans la peinture fraîche. Aucune tricherie, aucun remords, juste cette rage créatrice qu’il a apprivoisée et qu’il nous donne à voir.

Die dicke Farbmasse rutscht auf die Leinwand und lässt Ihre sichtbare Spur. Die Hand von Anton Martineau ist sicher und überlässt nichts dem Zufall. Eine nach der anderen werden die verschiedenen Farbschichten aufgetragen, flink, in einem auf der Leinwand sichtbaren Gestus. Sichtbar auch die mit Holzkohle gezeichnete Linie. Er kratz, zeichnet wieder, prägt in die frische Farbe formelle Linien. Keine Mogelei, keine Reue, nur diese kreative Wut die er gezähmt hat und uns zu Sehen gibt.

La espesa pasta  se desliza sobre el lienzo y deja su huella visible. La mano de Antón Martineau es segura y no deja nada al azar. Uno a uno, aplica los diferentes colores, en un gesto claramente visible. El artista también deja la marca de dibujo al carboncillo, borra, dibuja nuevamente, traza, tal vez con el polvo, líneas en la pintura fresca. Sin trampas, sin remordimientos, sólo la rabia creativa que domó y que nos deja ahí para que la veamos.

The thick texture glides on the canvas and leaves its visible print. Anton Martineau’s hand is steady and leaves nothing to chance. One after the other the tints are hardily applied in a style that remains visible. The artist also leaves the mark of the charcoal, scrubs, draws again, traces maybe with his thumb, lines in the fresh paint. No fraud, no remorse, just a creative rage which he tamed and offers us to see.

Un portrait se construit à partir du regard. Il en va de même ici. L’acuité de ce regard est encore plus prononcée par la présence d’un troisième oeil, comme si Anton Martineau voulait nous dire : «Je vous vois».

Alors que dire de l’absence de regard. Le peintre enlève à la jeune fille toute possibilité d’expression érotique, comme s’il voulait l’enfermer dans une éternelle innocence. Quelle contradiction avec le plaisir érotique qui se lit sur le visage du jeune homme de profil. Ses lèvres sont rouge de garance et pourraient être celles d’une femme. Son nez est phallique. Sur son visage se croisent les symboles du sexe féminin et du sexe masculin. Ce sont les règles d’un jeu androgyne et infini dont la symbolique se retrouve jusque dans la représentation du vêtement.

Ein Porträt baut sich vom Blick her auf. So ist es auch hier. Die Schärfe dieses Blicks ist noch stärker betont durch die Präsenz eines Dritten Auges, als ob Anton Martineau sagen würde : «Ich sehe euch».

Was also sollen wir sagen über die Abwesenheit des Blicks. Der Maler nimmt der jungen Frau jene Möglichkeit eines erotischen Ausdrucks, so als ob er sie in eine ewige Unschuld einsperren wollte. Welches Gegenbild zu der erotischen Lust, die man auf dem Gesicht des jungen Mann im Profil ablesen kann. Seine Lippen sind krapplackrot und könnten die einer Frau sein. Seine Nase ist phallisch. Auf seinem Gesicht begegnen sich Symbolzeichnen männlichen und weiblichen Sexus. Es sind die Regeln eines androgynen Spiels deren Unendlichkeit sich in der Kleidung symbolisch wieder findet.

Un retrato se construye a partir de la mirada. Aquí ocurre lo mismo. La agudeza de la mirada es aún más pronunciada en presencia de un tercer ojo, como si Antón Martineau quisiera decir « te veo. »

¿Qué pasa con la falta de mirada?. El artista le quita a la chica cualquier posibilidad de expresión erótica, como si quisiera encerrarla en una inocencia eterna. Qué contraste con el placer erótico que se puede leer en la cara del joven de perfil. Sus labios son del rojo más loco y podrían ser los de una mujer. Su nariz es fálica. En su rostro se cruzan los símbolos del sexo femenino y del masculino. Estas son las reglas de un juego andrógino e infinito cuyo simbolismo se encuentra incluso en la representación del vestido.

A portrait is built up from a look. It is the same here. The acuteness of this gaze is even more pronounced by the presence of a third eye, as if Mr Martineau wanted to say “I see you”.

So what can one say about the lack of look! The painter removes every possibility of erotic expression of the young lady, as if he wanted to lock her up in an everlasting innocence. What a contradiction with the erotic pleasure on the young man’s side-on face. His nose is phallic. On his face, symbols of female sex cross symbols of male sex. These are the rules of an androgynous and infinite game, whose symbolism can be found even in the clothing representation.

Pour cette exposition, l’artiste est allé chercher les sujets de ses tableaux chez Velasquez. Il a puisé son inspiration dans l’oeuvre du maître espagnol sans le copier. Il s’est accaparé ce sujet comme s’il s’agissait d’un paysage connu qu’il aurait parcouru maintes fois. Il nous semble, qu’au retour d’une promenade, il serait retourné dans son atelier et il aurait, riche d’impressions et inspiré, peint ces personnages de mémoire. Les figures de Velasquez, dans le travail d’Anton Martineau, ne sont plus que des silhouettes, un souvenir qu’y s’estompe pour laisser la place à une oeuvre originale, forte et expressive.

Für diese Ausstellung, hat der Künstler das Sujet seiner Bilder bei Velasquez gesucht. Er ließ sich vom Werk des spanischen Meisters inspirieren ohne ihn zu kopieren. Er hat sich dieses Sujets angenommen als handele es sich um eine von ihm oftmals durchquerte vertraute Landschaft. Es scheint als ob er nach einem dieser Spaziergänge in sein Atelier zurückgekehrt, bereichert und inspiriert von Impressionen, diese Personen aus dem Gedächtnis gemalt hätte. In der Arbeit von Anton Martineau sind die Figuren von Velasquez nur noch Schattenbilder, eine Erinnerung die verblasst um einem einzigartigen, starken und expressiven Werk Raum zu geben. 

Para esta exposición, el artista ha ido a buscar en los cuadros de Velásquez los personajes que aparecen en sus pinturas. Se ha inspirado en la obra del maestro español sin copiarlo. Ha capturado el tema como si se tratara de un paisaje conocido que hubiese visitado muchas veces. Es como si, después de un paseo, hubiese vuelto a su estudio y, henchido de impresiones y de inspiración, hubiese pintado estos personajes de memoria. Las figuras de Velázquez, en la obra de Antón Martineau, no son más que siluetas, un recuerdo que se desvanece para dar paso a una obra original, fuerte y expresiva.

For this exhibition the artist looked for his subjects in Velasquez’s work. He drew his inspiration in the Spanish master’s art, without copying from him. He seized this subject as if it was a familiar landscape, that he would have crossed many times. It looks like he would have go back to his studio after a walk and, full of impressions and inspired he would have painted these characters from memory. Velasquez’s figures are left as nothing more than silhouettes in Martineau’s work, like a memory fading away to leave space to an original, expressive, strong masterpiece.

La galerie Singel100 à Amsterdam a depuis de longues années un programme qui a le mérite de donner la priorité à la peinture. Il est important de le souligner. Cette galerie travaille en étroite collaboration avec la galerie Sala Dalmau de Barcelone. Elles créent ainsi conjointement un lien entre deux pays forts d’une tradition artistique plusieurs fois centenaire.

Die Galerie Singel100 in Amsterdam hat seit Jahren ein Programm mit einem Schwerpunkt auf Malerei. Es ist wichtig genug um es zu betonen. Diese Galerie arbeitet eng mit der Galerie Sala Dalmau in Barcelona. Gemeinsam verbinden sie zwei Länder, die sich auf eine jahrhundertelange künstlerische Tradition berufen können.

La galería Singel100 de Ámsterdam sigue, desde hace muchos años un programa que tiene el gran mérito de dar prioridad a la pintura. Es importante subrayar esto. La galería trabaja en estrecha colaboración con la galería Sala Dalmau de Barcelona. Juntos crean así un vínculo entre dos países con una fuerte tradición artística que tiene una antigüedad de varios siglos.

The Singel100 gallery, Amsterdam, is giving painting priority for many years now. It is important to underline/ stress it. This gallery is working in a narrow collaboration with the Sala Dalmau Gallery, Barcelona. They create then a strong link between two countries whose artistic tradition is many times centenary.